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Cap Dramont : loin des foules, l'un des plus beaux coins de la Côte d'Azur

  • 29 avr.
  • 3 min de lecture

Il arrive qu'on nous demande pourquoi nous avons gardé l'île "discrète", pourquoi nous ne l'avons jamais transformée en attraction. La réponse tient en grande partie à l'endroit lui-même : le Cap Dramont est préservé et résiste, naturellement, au tourisme de masse. Et c'est précisément ce qui en fait l'un des coins les plus précieux de la Côte d'Azur.


Vue sur l'ile d'or depuis le Cap Dramont

Des criques préservées au pied de l'Estérel

Le Cap Dramont est composé de falaises de rhyolite d'origine volcanique, aux teintes rouges caractéristiques du massif de l'Estérel — les mêmes roches que l'on retrouve en Corse ou en Sardaigne, qui donnent à ce bout de côte une couleur presque irréelle sous la lumière de fin de journée.

Partie intégrante de la forêt domaniale de l'Estérel, le Cap est accessible par le sentier du littoral. À ses pieds, paisible et pittoresque, se trouve le petit port de pêche du Poussaï avec son restaurant et une petite plage rocheuse et boisée, constituant l'une des curiosités de la baie d'Agay. Les criques qui se succèdent le long du sentier sont difficiles d'accès et c'est ce qui les préserve. On n'y arrive pas par hasard...


La plage du Débarquement et son histoire

La grande plage du Dramont ne ressemble à aucune autre. Elle fut l'un des principaux sites du débarquement allié en Provence : le 15 août 1944, plus de 20 000 GIs de la 36e division du Texas y débarquèrent avec véhicules blindés et artillerie lourde. Un monument commémoratif se dresse encore là, en amont de la plage, sobre et discret, face à la mer.

Pour nous, cette plage a une résonance particulière. C'est à quelques centaines de mètres de là que notre père et grand-père François Bureau, Capitaine de frégate qui a racheté l'île d'or en 1962, participait aux cérémonies du débarquement. Cette plage de galets bleutés n'est pas un simple décor — elle fait réellement partie de notre histoire familiale.


La vue sur l'Île d'Or depuis le sentier du littoral

C'est sans doute ici que se révèle le mieux la silhouette de notre île. Depuis la pointe du Cap Dramont, le sentier offre un panorama exceptionnel sur le massif de l'Estérel et sur la tour de l'Île d'Or. La tour se détache sur la mer, petite depuis le sentier, mais parfaitement nette — sa forme carrée, ses créneaux, le rocher rouge sur lequel elle repose.

Au sommet du cap trône le sémaphore, construit en 1860 sur les ruines d'une tour de guet datant de 1562, toujours en activité pour la surveillance maritime. De là-haut, par temps clair, le regard embrasse la baie d'Agay, les crêtes de l'Estérel, et l'île — immobile et indifférente aux années qui passent.



Pourquoi ce micro-territoire reste à l'écart du tourisme de masse

Plusieurs raisons se conjuguent... Le sentier lui-même décourage les moins motivés : il serpente dans les rochers, grimpe, redescend, traverse des criques rocheuses — et le contraste des roches rouges sur la mer bleue ne se révèle vraiment qu'à ceux qui acceptent de marcher. 

Il y a aussi le caractère du lieu. Le Dramont appartient à la forêt domaniale — il ne s'achète pas, ne se lotit pas, ne se privatise pas davantage qu'il ne l'est déjà. Et les habitants du quartier, discrets, y veillent à leur manière.

Nous essayons, à notre mesure, de contribuer à cette préservation en ne transformant pas en spectacle ce qui mérite d'être contemplé en silence. Le Cap Dramont et l'Île d'Or forment un seul et même territoire, à la fois ouvert et préservé, célèbre et secret.

C'est cet équilibre fragile que nous essayons, à notre échelle, de protéger.

 
 
 

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